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Les mensonges de Donald Trump sapent-ils la démocratie américaine ?

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L’équipe de conseillers en communication politique de Donald Trump semble considérer qu’ériger le Président Républicain en incarnation de l’art de la désinformation est un atout au service de sa conquête électorale.

Qu’en est-il ? Les fakenews sont-elles un levier efficace de séduction électorale et de conviction politique ?

Alors que ses chances de réélection sont de plus en plus faibles à mesure que le dépouillement se poursuit dans les États clés, Donald Trump a lancé avec ses équipes de violentes attaques contre le processus démocratique américain. Des élus de premier plan du Parti républicain ont vivement réagi en dénonçant ces propos et en appelant au respect de la Constitution des Pères Fondateurs.

Mettant en scène sa sollicitude pour le peuple privé de sa victoire face à une prétendue fraude électorale, Donald Trump rappelle que le plus redoutable danger en démocratie est la désinformation, qui manipule les émotions contre les institutions.

Contre cette menace, un sursaut semble s’être imposé. Ainsi, plusieurs chaînes d’informations en continue diffusant le discours de Donald Trump en direct de la Maison-Blanche le 5 novembre 2020 l’ont coupé alors qu’il affirmait avoir remporté la victoire et dénonçait sans aucune preuve des fraudes électorales. Cette interruption du discours présidentiel est aujourd’hui dénoncée par les partisans du Président américain comme une censure inacceptable.

Au nom de la vérification des faits, de nombreux observateurs se sont érigés en fact-checker, traquant dans chacune des déclarations du Président américain tout ce qui semble (souvent plus que moins) s’écarter de la vérité.

A l’ère de la post-vérité et du clash permanent, l’information n’a jamais été aussi précieuse. A l’heure où elle est de plus en plus systématiquement éditorialisée, l’information est le bien le plus précieux de nos démocraties qui tendent à devenir des démocraties d’opinion. Aux faits présentés par les journalistes, des opinions tranchées sont opposées par les conseillers en communication qui tentent d’influencer l’état de l’opinion publique afin de la faire pencher en faveur de leurs candidats.

En France, de nombreux hommes politiques semblent déjà jouer sur cet environnement dégradé de l’information pour diffuser de fausses informations. Jusque-là, ils se contentaient de diffuser une information tronquée. Leurs conseillers en communication politique évoquaient d’ailleurs souvent comme justification l’art du “spin”.

Certains analystes politiques affirment que cette désinformation en continue contribue à une dégradation durable du moral des électeurs. Les partisans des fakenews affirment qu’elles stimulent leurs défenses intellectuelles.

Sans doute, faut-il constater, qu’elles peuvent, à long terme, renforcer la vigilance démocratique mais qu’elles clivent durablement nos sociétés au détriment du lien social qui fonde la Nation. Cette élection américaine fut marquée par la polarisation des opinions et par la violence des affrontements de memes visant à dénigrer le camp adverse notamment sur le forum 4chan qui héberge tant de trolls malveillants …

Dans nos démocraties libérales, la question du juge de la vérité et de l’intérêt national est souvent posée.

Dès lors, faut-il clouer au pilori ces stratégies de communication politique fondées sur des fakenews ou sont-elles, au contraire, l’atout permettant de combattre politiquement ceux qui les émettent ?

Des personnalités comme Stephen Bannon, dit Steve Bannon, ont souvent incarné ces dernières années, l’art de la fakenews transformé en lucratif business via le site internet Breitbart News présenté comme un média politique par son créateur.

Telle une toile d’araignée aux fils quasiment invisibles, la fakenews finit par asphyxier le débat des citoyens des démocraties libérales. Chacun se croient libres de penser. Pourtant, à force de s’emparer de toute actualité, la fakenews finit par vous emprisonner dans un carcan idéologique invisible qui, comme un poison lent, agira à moyen et long terme comme un vecteur d’influence.

Jamais à court d’astuces pour crédibiliser ces fausses informations, qui se propagent d’ailleurs plus rapidement que les vraies, les créateurs de fakenews vont jusqu’à prendre l’apparence de véritables médias en usurpant leurs chartes graphiques.

Ces fausses informations sournoises servent toujours des intérêts qui ne disent pas leur nom.

Les méthodes de création des fakenews sont directement inspirées par celles théorisées par le « service des mesures actives » de la direction générale du KGB.

Influencer se faisait traditionnellement par la voie de rédaction de livres plus ou moins commandés, par le biais de la presse écrite plus ou moins lue, de clips politiques promotionnels plus ou moins diffusés, d’émissions de radio plus ou moins écoutées, de sites internet de campagne plus ou moins visités, etc.

Faut-il considérer les fakenews, la plupart du temps, insufflées insidieusement, comme un nouveau levier légitime d’influence et donc comme un nouveau support de communication politique ?

Rien ne nous garantit l’innocuité de ce support d’influence, souvent déloyal, à long terme pour nos fragiles démocraties libérales qui tentent de se mobiliser pour l’identifier et la combattre, y compris sur le plan judiciaire. Les électeurs seront désormais amenés à risquer de croire des informations qui paraissent authentiques afin de se forger des jugements infondés.

On nous répondra que les grands journaux traditionnels et les chroniqueurs médiatiques comme les experts invités sur les plateaux TV se cachent déjà derrière les apparences de l’objectivité de l’expertise pour diffuser leurs propres idées.

La fakenews était une arme de guerre. Elle est devenue une arme de conquête du pouvoir politique.

Une étude du chercheur Baptiste Robert a ainsi montré que LREM, le parti politique d’Emmanuel Macron, a tenté de manipuler le trafic sur Twitter. Plusieurs études ont démontré la coordination menée par Pierre Le Texier, responsable du numérique au sein de LREM (La République en Marche!). Ce communiquant revendiqué, proche d’Ismaël Emelien, avait été gravement mis en cause dans la diffusion illégale de la vidéo d’Alexandre Benalla.

Nos opinions seront de moins en moins fragiles face aux manoeuvres politiques de désinformation. Paranoïaques, elles développeront une immunorésistance.

Y compris en dehors des périodes de campagnes électorales, les clients de l’agence LaFrenchCom se retrouvent au quotidien confrontés à de fausses publications de plus en plus nettement hostiles. Ils ont ainsi toujours plus recours au nettoyage de réputation sur internet.

Les internautes commentant avec une indignation plus ou moins surjouée ces informations construites sur les carences des grandes entreprises ou les faiblesses des grands dirigeants que nous accompagnons. Aucun sujet n’échappe à ces fausses informations : modes de vie des dirigeants, moeurs intimes, sexualité ou condamnation de leurs proches, …

Les fake news sont un théâtre d’ombres. Les conseillers en communication de crise tentent d’y remettre de la lumière au profit des intérêts de leurs clients …

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