Essor des influenceurs : en qui puis-je avoir confiance ? đŸ€·

Influenceurs partout, influence nulle part : communication digitale : en qui puis-je avoir confiance ?

Instagram et Facebook ont dĂ©cidĂ© il y a quelques jours de bannir les posts d’influenceurs sponsorisĂ©s faisant la promotion du vapotage, du tabac et des armes.

Il y a quelques mois Instagram avait annoncĂ© la suppression du compteur de likes en dessous des photos. Facebook a quant Ă  lui ouvert sa plateforme de « Collaborations de marques » Ă  Instagram pour mettre en relation les influenceurs et les annonceurs. Une annonce importance qui va impacter durablement le business de l’influence.

Le but de Facebook ? Se faciliter le travail en partageant des informations en quelques clics. De leur cĂŽtĂ©, les marques pourront faire parvenir leurs besoins et attentes plus facilement. De cette maniĂšre, les crĂ©ateurs de contenu ne pourront plus falsifier leurs chiffres. Il s’agit donc pour Instagram de nettoyer son rĂ©seau des « faux » influenceurs qui gonflent artificiellement leur audience.

Instagram est devenu, ces derniĂšres annĂ©es, le terrain de jeu des influenceurs, devenus des relais incontournables pour les marques. Jusqu’Ă  ubĂ©riser les annonceurs : aprĂšs tout, pourquoi payer pour une campagne de marketing s’il suffit de rĂ©munĂ©rer un bon influenceur ? D’aprĂšs une Ă©tude relayĂ©e par Business Insider, le prix moyen d’un post sponsorisĂ© sur Instagram a Ă©tĂ© multipliĂ© par 12 entre 2014 et 2019, atteignant prĂšs de 1 500 euros.

MAIS dĂ©s lors que les likes ne sont plus visibles, l’engagement des internautes diminue. Les influenceurs perdent donc un moteur important de leur succĂšs.

Que cache l’essor des influenceurs sur les rĂ©seaux sociaux ?

AprĂšs le lancement de KIKANDOU et la sortie en juillet dernier du livre « Comment devenir un influenceur ?« , Magali Berdah, la directrice gĂ©nĂ©rale de Shauna Events a organisĂ© une masterclass sur le mĂ©tier d’influenceur. Le Programme ?

  • En quoi consiste le mĂ©tier d’influenceur ?
  • Quelles sont les compĂ©tences Ă  dĂ©velopper pour devenir un bon influenceur ?
  • Combien gagne un influenceur ?

Des questions auxquelles a tentĂ© de rĂ©pondre cette confĂ©rence durant laquelle des outils permettant de « professionnaliser » l’utilisation des rĂ©seaux sociaux ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s. Au programme : des sessions avec des experts du marketing d’influence, des tĂ©moignages d’influenceurs stars de l’agence Shauna Events et des retours d’expĂ©riences de marques emblĂ©matiques du marketing d’influence.

Qu’en retenir ?

D’abord, on assiste Ă  un phĂ©nomĂšne Ă©trange dans le domaine du marketing d’influence.

Une marque paie une influenceuse ou un influenceur pour promouvoir ses produits ou ses services auprĂšs de ses followers, de ses amis, bref de ses communautĂ©s 
 parce que celles-ci font confiance aux recommandations de cet influenceur ou de cette influenceuse. Mais, dans le cas de nombreux influenceurs, ces recommandations ne sont pas sincĂšres, car ils ont Ă©tĂ© payĂ©s pour les exprimer.

  • Quelles consĂ©quences cette pratique a-t-elle sur la confiance (et aussi sur l’influence sur les rĂ©seaux sociaux MAIS pas que) ?
  • Et quel rĂŽle jouent ces influenceurs en cas de crise ?

Commençons par dĂ©finir ce qu’est un « influenceur ».

LĂ  rĂ©side une partie du problĂšme. Avant l’essor fulgurant du marketing d’influence – un terme crĂ©Ă© par les marketeurs pour dĂ©signer, au sens large, le fait de payer un blogueur ou une personne dĂ©tenant un compte sur les rĂ©seaux sociaux pour la promotion de produit ou service auprĂšs de ses followers – un influenceur Ă©tait tout simplement une personne influente, et rĂ©ellement influente.

Ce n’était pas seulement quelqu’un qui avait beaucoup de followers sur les rĂ©seaux sociaux, mais une personne qui connaissait Ă  fond un sujet, et dont les gens Ă©coutaient les conseils, pour s’en inspirer. Ces conseils semblaient sincĂšres et auraient pu ĂȘtre donnĂ©s au bureau, dans un bar, ou lors d’une rĂ©union de famille.

Mais les rĂ©seaux sociaux ont donnĂ© une portĂ©e beaucoup plus large Ă  tous ceux qui ont une opinion. L’influence est devenue un marchĂ©. InĂ©vitablement, cela a donnĂ© lieu Ă  des excĂšs, Ă  la crĂ©ation de faux profils et de comptes disponibles au plus offrant pour donner de la crĂ©dibilitĂ© aux messages, aux campagnes et mĂȘme aux gens.

Marketing d’influence, publicitĂ© d’influence, relations influenceurs ou ambassadeur de marque ?

Il faut se mettre d’accord sur les mots. Ils ont un sens prĂ©cis.

Il y a une diffĂ©rence entre la publicitĂ© d’influence, le marketing d’influence, les relations influenceurs et les ambassadeurs de marque – mais ces quatre notions sont trop gĂ©nĂ©ralement employĂ©es de maniĂšre interchangeable. Prenons par exemple la publicitĂ© d’influence et le marketing d’influence : l’une donne des rĂ©sultats Ă©normes immĂ©diatement, l’autre prend plus de temps, car il faut bĂątir une relation Ă  long terme avec quelqu’un qui partage les mĂȘmes valeurs et comprend rĂ©ellement votre marque. Il peut s’agir de bien d’autres choses que de vendre un produit – par exemple une politique gouvernementale visant Ă  changer les habitudes ou une ONG souhaitant faire progresser une bonne cause.

Les ambassadeurs de marque sont des cĂ©lĂ©britĂ©s dont l’association avec une marque permet de promouvoir l’image de celle-ci. Par exemple, un sportif, peut recommander une cĂ©lĂšbre marque de vĂȘtements de sport. Il ne sera pas pour autant considĂ©rĂ© comme expert de cette marque prestigieuse, mais sa cĂ©lĂ©britĂ© servira Ă  dĂ©velopper la notoriĂ©tĂ© de la marque.

Les campagnes d’influence : la terminologie

  • PublicitĂ© d’influence : payer pour faire de la publicitĂ© avec un influenceur (il s’agit souvent d’une cĂ©lĂ©britĂ©)
  • Marketing d’influence : partenariat Ă  long terme avec un influenceur qui partage les valeurs de votre marque. Co-crĂ©ation de contenus et de campagnes.
  • Relations influenceurs : fait de tisser une relation avec un influenceur qui ne gagne pas d’argent du fait de campagnes d’influence, mais en tant qu’expert dans un domaine. Aucune somme d’argent n’est versĂ©e.
  • Ambassadeurs de marque : relĂšve plutĂŽt du soutien apportĂ© par une cĂ©lĂ©britĂ©. Contrat Ă  long terme pour s’appuyer sur une cĂ©lĂ©britĂ© afin de promouvoir votre marque (par exemple un sportif reconnu qui recommande une marque de chaussures de sport).

Le problĂšme des influenceurs

De la mĂȘme maniĂšre que les fake news nuisent Ă  la confiance accordĂ©e aux mĂ©dias traditionnels, les faux followers (dans le cas d’influenceurs autoproclamĂ©s qui achĂštent les Likes, les vues, les commentaires et les followers et truquent les mĂ©canismes d’engagement dans le but de paraitre beaucoup plus populaires et influents qu’ils ne le sont en rĂ©alitĂ©) nuisent Ă  la confiance en le marketing d’influence.

Le problÚme de cette « fausse influence » ou de la « dark influence » est massif et récurrent :

  • En mai 2018, Facebook a annoncĂ© qu’elle avait dĂ©sactivĂ© plus de 1,3 milliard de faux comptes au cours des six mois prĂ©cĂ©dents.
  • En aoĂ»t 2018, Facebook a effacĂ© 652 faux comptes et fausses pages associĂ©s Ă  la Russie et l’Iran, que la sociĂ©tĂ© suspectait d’avoir essayĂ© d’influencer la situation politique aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Moyen-Orient et en AmĂ©rique latine.
  • L’actualitĂ© nous montre l’ampleur du problĂšme. Alors que les rĂ©seaux sociaux multiplient les efforts pour contrer les tentatives d’influencer l’opinion via leurs plates-formes, Facebook et Twitter ont annoncĂ© vendredi 20 dĂ©cembre avoir bloquĂ© des opĂ©rations de manipulation soutenues par des gouvernements, notamment en faveur de Donald Trump.
  • Twitter Ă©tait engagĂ© depuis 2018 dans le dĂ©mantĂšlement d’une vaste campagne de manipulation, qui a abouti Ă  la suspension de plus de 88 000 comptes. En octobre dernier, grĂące Ă  des « enquĂȘtes rigoureuses » en interne, la plate-forme a Ă©tabli que l’Arabie saoudite Ă©tait Ă  l’origine de cette interfĂ©rence de grande ampleur.

Pour revenir Ă  nos moutons, les termes ‘influence’ et ‘marketing d’influence’ ont Ă©tĂ© dĂ©formĂ©s ces derniĂšres annĂ©es. Une partie du problĂšme vient du fait que certains confondent influence et popularitĂ©. Si les marketeurs rĂ©munĂšrent quelqu’un sur la base du nombre de ses followers, ce n’est pas surprenant que certains achĂštent des followers. Le phĂ©nomĂšne n’est pas nouveau, il y a toujours eu des faux followers. Certains sites grossissent artificiellement la taille de leur audience pour attirer les budgets publicitaires. Cette pratique Ă©tait dĂ©jĂ  rĂ©currentes dans les rĂ©gies publicitaires des mĂ©dias traditionnels. 

Pourquoi les gens sont-ils si obsĂ©dĂ©s par le nombre de followers, au lieu d’analyser l’influence Ă  proprement parler ? Historiquement, pour mesurer les retombĂ©es mĂ©diatiques, on examinait le nombre de lecteurs, la portĂ©e mĂ©diatique, et les opportunitĂ©s de visionner. Il est donc logique de faire la mĂȘme chose avec les followers. La logique est basĂ©e sur une quantification pure au lieu d’une analyse plus fine des comportements. MĂȘme les outils spĂ©cifiques qui ont commencĂ© Ă  ĂȘtre dĂ©veloppĂ©s ne faisaient que compter le nombre de partages et de followers ce qui n’a aucun sens pour une marque…

Le prĂ©historique indice Klout, par exemple – qui a Ă©tĂ© absorbĂ© par Lithium (Khoros) et a au bout du compte disparu – analysait la popularitĂ© et la propension Ă  influencer, plutĂŽt que de mesurer la vĂ©ritable influence. L’indice faisait effectivement de nombreuses erreurs grossiĂšres. Quand les gens publient leurs opinions ou recommandations, cela ne veut pas forcĂ©ment dire que quiconque prĂȘte attention Ă  ce qu’ils disent. Les agences de communication digitales doivent impĂ©rativement analyser si les influenceurs permettent de faire changer les comportements, et pas simplement se contenter de compter les followers.

La question de ce que nous devrions compter ou quantifier, pour dĂ©terminer si un influenceur dispose rĂ©ellement d’une influence se pose. Il n’y a pas de rĂ©ponse toute faite. Vous pouvez utiliser des outils de tracking pour voir si quelqu’un a un impact et comment les gens rĂ©agissent Ă  ce qu’il publie. Quantifier la portĂ©e mĂ©diatique, par exemple, peut ĂȘtre utile. Mais les marques veulent savoir, non seulement combien de personnes ont reçu un message, mais aussi et surtout combien de personnes ont fait ce que ces marques souhaitaient qu’elles fassent. Ont-elles achetĂ© quelque chose suite Ă  un message ?

Si 50 000 personnes ont lu mon message (portĂ©e) mais qu’aucune n’a achetĂ© mon produit, j’ai dĂ©pensĂ© inutilement une partie de mon budget ! Faites un suivi de ce qui compte vraiment.

Pour prĂ©voir cela, vous avez bien entendu besoin d’études de cas de la part des influenceurs avec lesquels vous songez Ă  travailler. Les bons influenceurs assurent dĂ©jĂ  ce suivi. Pour eux, c’est un travail Ă  part entiĂšre. Ils ne se contentent pas de prendre votre argent ! Ils demandent Ă  une marque quelles sont ses attentes vis-Ă -vis d’une campagne donnĂ©e. Ils vous aident Ă  concevoir une action qui rĂ©ponde Ă  vos objectifs prĂ©cis. Ils ne vous vendent pas juste l’accĂšs Ă  leurs fans. Cela doit ĂȘtre authentique pour eux aussi et s’articuler naturellement avec ce qu’ils font. Les bons influenceurs, ceux qui savent ce qu’ils font, amassent les Ă©tudes de cas et les tĂ©moignages pour prouver que ce qu’ils font fonctionne effectivement, tout comme les agences de communication, par exemple.

J’aime citer Neil Stewart, le directeur des relations avec les agences de Facebook pour la zone Asie pacifique, qui a dĂ©clarĂ© lors d’une confĂ©rence Ă  Singapour : « Pourrait-on arrĂȘter d’utiliser le mot ‘influenceur’ ? Il part du principe que ces personnes ont de l’influence. Pour ĂȘtre un influenceur, vous devez avoir influĂ© sur quelque chose. Je pense tout simplement que ce n’est pas le cas pour de nombreux influenceurs. Il y a beaucoup d’influenceurs qui ont des amis, des followers ; ils ont un blog et des gens lisent leurs contenus. Mais tant que vous ne pouvez pas dĂ©montrer qu’ils ont influencĂ©, c’est-Ă -dire modifiĂ© des comportements, attitudes ou actions, je pense qu’on pourrait les poursuivre pour avoir utilisĂ© un terme trompeur ou inadaptĂ©. »

Les marques sauront de mieux en mieux dĂ©cider avec quels influenceurs travailler, en Ă©vitant ceux qui truquent leur niveau d’influence. C’est un secteur trĂšs nouveau aprĂšs tout et la fraude est inĂ©vitable tant qu’il n’est pas arrivĂ© Ă  maturitĂ©. C’est donc aux marques d’effectuer les recherches nĂ©cessaires et de travailler avec des influenceurs afin de dĂ©velopper la fidĂ©litĂ© Ă  la marque et la confiance auprĂšs des (vrais) followers. Cette confiance pourrait s’avĂ©rer cruciale si une marque avait besoin de faire rapidement passer un message auprĂšs d’intermĂ©diaires de confiance lors d’une crise.

Mais il faut bien comprendre que la confiance n’équivaut pas forcĂ©ment Ă  l’influence. Ce n’est pas parce qu’une personne est bien un ĂȘtre humain et fait partie de vos followers qu’elle se laissera influencer par vous. Chaque parent pourra Ă©prouver la vĂ©racitĂ© de la remarque suivante : mon pĂšre est une personne Ă  qui je fais confiance. Mais je dirais que dans environ 96 % des cas, ses tentatives d’influencer ma maniĂšre de penser dans ma vie d’adulte, sur des sujets aussi variĂ©s que le foot, la nourriture, les femmes, la mĂ©tĂ©o, et au fond tous les autres sujets, ont lamentablement Ă©chouĂ©. Il ne faut pas confondre confiance et influence.

Qu’est-ce que l’influence ?

Si la confiance et l’influence sont deux choses diffĂ©rentes, qu’est-ce que l’influence ? Voici ma dĂ©finition : un vĂ©ritable influenceur est quelqu’un en qui on a confiance et qui permet de changer activement un comportement, sur Internet ou non, et qu’il s’agisse du comportement d’une personne ou de nombreuses personnes.

De nombreuses personnes ont une rĂ©elle influence sur des dĂ©cisions cruciales dans votre vie. Aucune d’entre elles n’a de nombreux followers sur les rĂ©seaux sociaux, mais elles ont beaucoup d’expĂ©rience, que vous considĂ©rez comme pertinente et dont vous avez besoin.

Certaines personnes ont indubitablement une grosse influence sur les dĂ©cisions et comportements d’achats pour des sommes Ă©levĂ©es. Chaque fois que Meghan Markle, la Duchesse de Sussex, apparait en public, ce qu’elle porte se vend ensuite comme des petits pains. Les femmes veulent s’habiller comme elle, elle a donc une rĂ©elle influence sur les achats fĂ©minins. Son influence n’est pas limitĂ©e au domaine de la mode. En 2018, elle a Ă©tĂ© citĂ©e par le magazine Vogue comme l’une des femmes les plus influentes du monde. Le magazine a saluĂ© son influence, pas seulement dans la mode, mais aussi parce qu’en tant que « fĂ©ministe biraciale menant campagne aux États-Unis, elle aide Ă  forger une nouvelle identitĂ© adaptĂ©e au 21e siĂšcle pour la monarchie ». Alors qu’elle Ă©tait dĂ©jĂ  un personnage public avant son mariage, son union avec le prince Harry a fait d’elle une des femmes les plus photographiĂ©es et filmĂ©es au monde. Les circonstances de son mariage ont encore accru son niveau d’influence (cela n’a d’ailleurs rien Ă  voir avec les rĂ©seaux sociaux : avant son mariage, elle a pris la sage dĂ©cision de fermer ses comptes sur les rĂ©seaux sociaux ainsi que son site Internet de lifestyle, The Tig). Nulle ne peut encore dire quels seront les rĂ©sultats de cette influence.

A la tĂȘte de LaFrenchCom, l’agence de communication de crise que j’ai crĂ©Ă©e, mes clients sont souvent des personnalitĂ©s publiques exposĂ©es. Je constate qu’elles ont toujours eu la capacitĂ© de changer les attitudes et les comportements. Ce sont de vĂ©ritables influenceurs. Leur apparence, leur comportement, leurs discours ont un impact sur la sociĂ©tĂ©.

  • On attribue largement Ă  Diana, la princesse de Galles, le changement de perception vis-Ă -vis des personnes atteintes du virus VIH aprĂšs qu’elle a serrĂ© la main d’un malade du VIH positif en 1987, Ă  une Ă©poque oĂč beaucoup de gens ne comprenaient pas comment le virus Ă©tait transmis et pensaient qu’on pouvait l’attraper par simple contact.
  • Quand Angelina Jolie a annoncĂ© qu’elle allait se faire faire une double mastectomie, il y a eu une hausse significative du nombre de femmes Ă  risques de faire un cancer du sein qui se sont rendues Ă  des examens de dĂ©pistage.

Ces deux prises de position n’auraient pas eu le mĂȘme impact si leurs auteurs n’avaient pas eu un intĂ©rĂȘt personnel et une lĂ©gitimitĂ© forte pour en parler. C’est dans ce type de cas que l’influence est la plus efficace.

Le principe d’influence n’est donc pas menacĂ©. Mais le terme a Ă©tĂ© galvaudĂ© car utilisĂ© de maniĂšre inadaptĂ©e par certains marketeurs.

Nous nous tournerons toujours vers d’autres personnes, qu’elles soient sur les rĂ©seaux sociaux ou non, pour obtenir des conseils sur nos actions, nos achats et nos comportements. Et sur la maniĂšre de rĂ©agir face Ă  une crise.

Comment collaborer efficacement avec les influenceurs ?

Dans la dĂ©finition moderne du mot « influenceurs », il y a plusieurs catĂ©gories basĂ©es grosso modo sur le nombre de followers, le niveau d’engagement et – du moins pour les marques qui ont bien compris la problĂ©matique – leur impact potentiel sur les comportements, mesurĂ© avec des indicateurs comme l’augmentation du trafic sur un site Web, les ventes, etc.

La plateforme de marketing d’influence ZINE a dĂ©couvert que la majoritĂ© des marques ne demandent toujours pas Ă  leurs influenceurs de dĂ©montrer que leurs campagnes fonctionnent effectivement.

Le rapport sur le marketing d’influence de ZINE en 2018 a divisĂ© les influenceurs en quatre catĂ©gories : les « micro-influenceurs » (ceux qui ont entre 2 000 et 30 000 followers), les « influenceurs intermĂ©diaires » (entre 30 000 et 250 000 followers), les « macro-influenceurs » (entre 250 000 et 1 million de followers) et les « influenceurs stars » (plus de 1 million de followers).

Et mĂȘme si, la confiance ne suffit pas, c’est malgrĂ© tout et sans surprise, un facteur important de l’influence. Les recherches menĂ©es par ZINE dĂ©montrent que les gens sont bien plus susceptibles d’acheter quelque chose auprĂšs de quelqu’un qu’ils connaissent et en qui ils ont confiance. C’est prĂ©cisĂ©ment cela qui sera la clĂ© du succĂšs sur ce secteur : des gens avec une vĂ©ritable influence, dont les conseils sont jugĂ©s dignes de confiance par les gens qui font partie de leur rĂ©seau, quelle que soit la taille de ce rĂ©seau.

Comment vérifier efficacement si un influenceur a des faux followers ?

Voici quelques conseils aux marques qui veulent savoir si un influenceur est un bon investissement ou s’il s’appuie sur de faux comptes :

  • Choisissez au hasard des profils dans la liste des followers de cet influenceur. VĂ©rifiez alors le nombre de leurs propres followers : les faux comptes peuvent sembler rĂ©els, mais s’ils suivent des milliers de comptes et ne sont suivis que par peu ou pas de comptes, cela devrait vous faire tiquer.
  • VĂ©rifiez le taux d’engagement de l’influenceur. S’il a des milliers de followers mais ne dialogue pas avec eux, il y a des chances pour qu’il ait achetĂ© ses followers.
  • Évaluez le type d’engagement. Il est possible d’acheter l’engagement, donc si le type de discussion est souvent le mĂȘme, elle pourra avoir Ă©tĂ© gĂ©nĂ©rĂ©e par un robot.
  • VĂ©rifiez s’il y a eu des diminutions brutales du nombre de followers. Si les rĂ©seaux sociaux ont effacĂ© de nombreux faux comptes, cela pourrait expliquer ces fluctuations.
  • Regardez lĂ  oĂč sont basĂ©s les followers. Si l’influenceur Ă©crit des articles sur le lifestyle Ă  New York mais que tous ses followers sont basĂ©s en Iran, cela pose Ă©videmment problĂšme.
    A l’agence LaFrenchCom, nous identifions quotidiennement les services de faux followers afin de mieux lutter contre cette fausse influence.

Si vous travaillez avec des influenceurs qui ont construit de (vraies) relations avec leurs (vrais) followers et que ceux-ci leur font confiance, cela pourrait ĂȘtre un vĂ©ritable atout en cas de crise. Pensez Ă  eux dans vos plans de communication de crise. Ils sont essentiels dans les stratĂ©gies de gestion de crise afin de sortir de la crise traversĂ©e par une organisation.

Ne laissez pas vos influenceurs provoquer une crise

Chaque fois que je travaille avec une marque qui s’appuie sur le marketing d’influence, celle-ci rĂ©flĂ©chit toujours Ă  ce qu’elle ferait si ses influenceurs faisaient quelque chose qui pourrait nuire Ă  la marque. Si vous ĂȘtes une marque de fitness et que vous travaillez avec un sportif, que se passerait-il si cette personne blessait quelqu’un lors d’une rixe ? Et que se passerait-il si un influenceur travaillant avec une marque de bien-ĂȘtre Ă©tait surpris Ă  se droguer ?

Parfois aussi le problĂšme est causĂ© par une autre personne encore. Logan Paul, un influenceur sur YouTube, a Ă©tĂ© lĂąchĂ© par ses sponsors et annonceurs au dĂ©but de l’annĂ©e 2018 quand il a postĂ© une vidĂ©o le montrant dans la forĂȘt d’Aokigahara au Japon (qui est connue comme « la forĂȘt des suicides » Ă  cause du nombre de personnes qui y mettent fin Ă  leurs jours). Pendant qu’il filmait, Logan Paul a dĂ©couvert le corps d’une personne qui s’était suicidĂ©e en se pendant du haut d’un arbre. Il a continuĂ© Ă  filmer et a tĂ©lĂ©chargĂ© la vidĂ©o sur YouTube. La vidĂ©o a Ă©tĂ© trĂšs partagĂ©e sur YouTube, avant un renversement de situation qui a forcĂ© Logan Paul a retirĂ© la vidĂ©o.

AprĂšs quelques excuses et une dizaine de jours d’absence de YouTube, l’incident ne semblait pas lui avoir causĂ© trop de problĂšmes. Huit mois plus tard, en aoĂ»t 2018, la vidĂ©o d’une bagarre entre lui et un autre influenceur sur YouTube, KSI, a gĂ©nĂ©rĂ© environ 11 millions de $ et plus de 770 000 personnes ont acceptĂ© de payer pour visionner la rixe sur YouTube (et, selon The Verge, un million de personnes l’ont regardĂ©e officieusement sur Twitch). C’est YouTube qui a Ă©tĂ© blĂąmĂ©. Paul faisait partie de son « programme prĂ©fĂ©rĂ© » de youtubeurs et la plateforme a Ă©tĂ© largement critiquĂ©e pour avoir laissĂ© la vidĂ©o en ligne. Elle a ensuite rompu toute relation avec Logan Paul mais il est toujours considĂ©rĂ© comme un youtubeur ce qui signifie que la plateforme pĂątira toujours de son association passĂ©e avec lui. Dans un article pour The Verge en aoĂ»t 2018, Megan Farokhmanesh a Ă©crit : « On ne peut pas, en 2018, parler de YouTube sans Ă©voquer la vidĂ©o filmĂ©e dans la forĂȘt d’Aokigahara. Logan Paul n’est pas juste un youtubeur tombĂ© en disgrĂące, il a catalysĂ© les changements de la plateforme ».

Peu d’annonceurs voudraient voir leur marque associĂ©e Ă  une telle controverse et YouTube a promis de durcir ses rĂšgles concernant les vidĂ©os pouvant faire du tort – y compris les vidĂ©os des annonceurs. 

Je vais vous faire une confidence : Ă  mes yeux, la qualitĂ© premiĂšre d’un influenceur c’est de ne pas vouloir l’ĂȘtre… et de ne pas en vivre.

Florian Silnicki

Par Florian Silnicki