communication de crise paranoïaque

La communication de crise face à l’immunorésistance de l’opinion 🤬

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Comment faire face aux résistances de l’opinion publique ?

A l’heure où plus rien n’échappe au bashing constant d’une opinion publique à fleur de peau, de la disparition de tout surmoi dans les débats publics et de l’expression décomplexée de toutes les frustrations et des colères, la société dans laquelle nous vivons induit une pression constante sur la communication des personnalités et des organisations.

La multiplication des crises, des scandales sanitaires, des polémiques liées aux Affaires politico-financières, des révélations successives liées aux feuilletonnages médiatiques et à une judiciarisation globale de notre société, l’opinion publique est devenue paranoïaque à certains égards.

L’innovation n’a cessé de nous offrir davantage de moyens, tous plus efficaces et accessibles les uns que les autres, de communiquer auprès de publics cibles. Mais (il y a un mais, sinon ce serait trop beau), ces publics sur-sollicités ont développé une immunorésistance à la communication. Méfiants, les Français ont développé un bouclier intellectuel les rendant résistants à l’influence des messages diffusés et des stratégies élaborées pour les convaincre ou les influencer.

Cette méfiance conduit les Français à soupçonner d’inauthenticité, par principe, toute campagne de communication. L’opinion ne lit plus la communication pour ce qu’elle est mais pour ce qu’elle accusée de cacher. La présomption d’innocence digitale n’existe pas. La charge de la preuve est inversée. Nombreuses sont les organisations et les personnalités à ne plus savoir correctement réagir face aux crises qui se multiplient.

Par conséquent, même si les grands principes de la communication de crise et de la gestion de crise n’ont pas changé, le contexte dans lequel s’inscrivent ces crises a quant à lui considérablement évolué.

J’ai la ferme conviction que l’honneur de la justice et des médias n’est pas dans la présomption de culpabilité. Le doute doit toujours profiter au présumé innocent. Certains influenceurs sont pourtant devenus des professionnels de l’indignation surjouée trouvant là un fonds de commerce d’audience monnayable. Ils ne se rendent pas compte qu’ils ont contribué à installer une présomption de culpabilité insupportable dangereuse pour la démocratie.

Jamais une réputation ne s’est autant jouée dès les premiers tweets et articles de presse, souvent avant même toute sanction. La communication de crise a un rôle essentiel à jouer. Le tribunal médiatique étant bien plus sévère que le tribunal judiciaire. Voilà le sens de mon action quotidienne, comme communicant de crise, aux côtés de mes clients.

Florian Silnicki

 

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