La préhistoire de la communication de crise 🕰️

Ivy Lee : un pionnier de la communication de crise

J’aime beaucoup la figure d’Ivy Lee, considĂ©rĂ© comme le pionnier de la communication de crise.

Je rappelle toujours dans mes confĂ©rences qu’au dĂ©but du 20e siècle, les chemins de fer aux États-Unis Ă©taient un peu les start-up de leur gĂ©nĂ©ration. Les compagnies ferroviaires en situation de monopole, ainsi que leurs investisseurs, ont fait fortune. La concurrence Ă©tait fĂ©roce et donnait lieu Ă  des situations rocambolesques : des lignes Ă©taient construites, Ă  grands frais, et parfois Ă  quelques kilomètres seulement les unes des autres.

Les normes de sécurité étaient largement ignorées et les accidents n’étaient pas rares.

La compagnie Pennsylvania Railroad a par exemple provoqué un terrible accident dans la ville de Gap. Les directeurs ont alors lancé la procédure habituelle, c’est-à-dire créer une zone d’exclusion autour du lieu de l’accident jusqu’à ce que le public s’en soit désintéressé.

Ivy Lee, l’un des pères fondateurs de la communication, était consultant pour Pennsylvania Railroad. Il a alors déclaré :

« Non. Nous ne tiendrons pas la presse à l’écart. Nous ferons justement l’inverse : nous inviterons les journalistes à se rendre sur le lieu de l’accident, nous leur dirons pourquoi il s’est produit et nous leur expliquerons comment nous allons faire en sorte que cela ne se reproduise plus. »

Il savait se faire entendre. Aussi, les directeurs ont-ils suivi ses conseils et obtenu la meilleure couverture médiatique du secteur des chemins de fer cette année-là. Ils ont ensuite toujours adopté la même approche.

C’est Ivy Lee qui a posé les fondations de la communication de crise, en 1906. (Museum of Public Relations, musée des relations publiques basé à New York, 2015.)

Par Florian Silnicki